Liberté dominicale

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Voici quelques jours, c’était dimanche. La semaine n’en finissait pas. Le travail, certes, mais aussi des soucis sans nombre entraînant de nombreuses correspondances à lire, à étudier, à rédiger, à envoyer. Et puis les enfants à aider le samedi : devoirs à expliquer, conduites vers les salles de sport, discussions…

Et pourtant ma nouvelle maison demande encore mille petits travaux, comme toute maison récente et… comme toute maison ancienne. Cela, heureusement, ne me rebute pas. C’est même un des plaisirs du dimanche que manier perceuse, scie, raboteuse, clefs et tournevis afin de peaufiner notre intérieur et de satisfaire tous les caprices de ma femme qui bien souvent corroborent les miens. Chaque dimanche soir nous nous régalons ensemble en étrennant telle ou telle nouvelle disposition, tel ou tel nouveau décor.

Donc, hier, levé de bon matin je m’apprêtais à brancher la perceuse. Las, problème, le mandrin est cassé ! Qu’à cela ne tienne, j’attends 8 heures et je pars au Brico du coin où je suis sûr de trouver la pièce. J’en profiterai pour m’offrir le plaisir d’errer dans les rayons pour découvrir les dernières inventions et gadgets qui un jour pourraient m’être utiles.

Devant la porte du magasin j’aperçois une queue de plusieurs dizaines de personnes, hommes et femmes, qui discutent âprement et semblent fort mécontents. On les comprend : une affichette annonce que le magasin est dorénavant fermé le dimanche ! Les discussions ne m’attirent pas beaucoup, en revanche je sais qu’il existe un concurrent à 5 kilomètres. Un quart d’heure plus tard j’y suis, il est ouvert, je trouve mon mandrin et je rentre annoncer triomphalement à ma femme que le travail prévu sera prêt avant midi. Un vrai bonheur de voir son sourire satisfait…Grâce au concurrent ouvert mon dimanche avait été sauvé, et mon calme, à moi quelque peu coléreux, préservé.

Pas pour longtemps : le lundi matin je découvre dans mon journal que cette fermeture du dimanche qui a failli m’exaspérer était due à une décision de justice en application de la loi ! Et la colère de m’envahir, cette fois, sans répit. Car en somme, que dit-elle, cette loi ?

Elle dit que le dimanche les Français n’ont le droit d’acheter que des légumes, du pain et des fruits! Diable, mais dans quel pays vivons-nous ? Les souvenirs américains se réveillent, quand seul et désœuvré un dimanche, j’avais pu déambuler dans plusieurs grands magasins ouverts et animés. Et on sait très bien que le repos hebdomadaire est pratiqué en  Amérique aussi bien qu’en France. On s’organise par roulement, au  volontariat, avec évidemment un salaire plus élevé le dimanche, et tout le monde est satisfait : clients, employés, direction des magasins. Et l’État ? Eh bien c’est simple, c’est une question de liberté : l’État…il ne s’en mêle pas.

Alors pourquoi pas nous ?

Interrogez les responsables de magasins, grands ou petits. Ils ne demandent qu’à ouvrir tous les jours, dimanches compris, pour mieux rentabiliser leurs charges fixes : terrains, bâtiments, impôts, amortissements. Et une meilleure rentabilité entraîne, cela va de soi, des possibilités de prix plus bas à la vente.

Interrogez les employés des magasins. Nombre d’entre eux se désolent de ne pas pouvoir augmenter leur salaire par des heures de travail décalées de la semaine vers le dimanche, et donc sensiblement mieux rétribuées. Cela dans la mesure, bien entendu, où il s’agirait de choix individuels non imposés. Divers sondages anonymes ont montré qu’environ 80 % de ces employés sont demandeurs. Bien sûr, les opposants à la liberté vous rétorqueront qu’ils ne se portent volontaires que sous la pression des patrons, que sinon ils risqueraient leur emploi etc.      On connaît la chanson. Et les 20 % non volontaires, ont-ils été licenciés ?

Interrogez les consommateurs. De cela, point n’est besoin ! Personne ne peut être hostile à une possibilité nouvelle, tout le monde aimerait bien pouvoir aller faire son shopping quand il en a envie.

Interrogez les étudiants qui souvent constituent la base de ces travailleurs intermittents du dimanche pour payer leurs études. Que doivent-ils faire, cesser leurs études, ou limiter leurs menus aux pommes de terre à l’eau ?

Alors assez ! Assez de ce pays où l’on ne rêve que d’obliger ou interdire ! Quand laissera-t-on les gens choisir ce qui leur convient chaque fois que c’est possible ?

Savez-vous ce que m’a expliqué hier un travailleur du dimanche ? Il m’a dit « Je suis un privilégié : non seulement mes heures sont payées plus cher, mais moi, lors de mon jour de repos hebdomadaire, tous les magasins sont ouverts : le rêve ! »

Il vient de se passer quelque chose d’inouï, quelque chose qui à ma connaissance n’a pas de précédent en France : pour la première fois, une entreprise (en l’occurrence, plusieurs) refuse ouvertement d’appliquer une décision de justice. Deux chaînes de bricolage, refusant d’obtempérer, ont ouvert leurs portes dimanche dernier. Faut-il, pour qu’on en arrive là, que certaines lois soient ineptes et que la justice les applique sans discernement !

Mais rassurez-vous, citoyens. Notre gouvernement a su réagir avec vigueur et célérité. Dès lundi il a réuni les ministres concernés et il a fermement décidé…de créer une commission.

 

 

 

 

86 commentaires

  1. Lector

    Et la nuit ? Lorsque j’habitais Paris à plein temps, je me félicitais d’avoir toujours eu un appart’ proche d’un "Mobil"; pratique pour faire de petites courses à 3 heures du mat’ quand le frigo est vide… ouvert aussi le dimanche la station essence…
    Le bricolage du dimanche… mon grand-père, fermement athée pour cause du refus de son baptême de la part de l’église, ne travaillait pas le dimanche… et pourquoi donc ? "Parce que les hôpitaux sont en sous effectifs…" blessé le dimanche, le lundi tu calanches…

    • Lector

      …par refus de l’église de le baptiser, tout simplement… fatigue, style poussif, incapable de m’exprimer correctement, souvent, de là les images… c’est plus rapide; autre réponse à Guenièvre.

  2. Lector

    Au sujet des étudiants, pas de soucis, la grande générosité de Coulant Premier leur prépare une ouverture de droit au RSA pour qu’ils puissent poursuivre leurs études sans avoir à travailler/gagner leur vie… c’était au JT il y a… je ne sais plus. En fait l’info présenté comme une manne providentielle masquait surtout une baisse de l’allocation : 200 euros ! Une aumône ! Vont être contents les étudiants avec ça… autant faire la manche… ça rapporte bien plus (d’après un pote guitariste ancien RMIste).

  3. La nuit, Maître Lector, le soleil est absent, il fait noir et nos mécanismes de survie multi-millénaires (métabolisme serait peut-être le terme) nous obligent au repos. Nous sommes ainsi faits. Travailler la nuit, sauf très occasionnellement, n’est pas anodin pour la santé et la longévité. J’en sais qqc.

    Enfin, travailler… Je me comprends: travail salarié, passablement répétitif et routinier, souvent sous pression, pour gagner sa croûte.
    L’artiste, la nuit, c’est autre chose; et d’ailleurs, le vrai, il ne travaille pas, c’est sa respiration.

    Le repos du dimanche, par contre, n’obéit à aucun mécanisme naturel. A condition d’être remplacé par n’importe quel autre jour.

    Donc OK pour dimanche mais attention à la nuit.

  4. Cerise sur le gâchis, pardon le gâteau , l’amende dûe pour ouverture le dimanche est perçue directement par les syndicats plaignants. Information confirmée par le Monde
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2013/10/03/verification-d-une-rumeur-les-syndicats-s-enrichissent-ils-en-attaquant-les-enseignes-qui-ouvrent-le-dimanche_3489343_3224.html

  5. PS :
    Il est question d’interdire aux magasins d’alimentation de rester ouverts apres 21 heures.
    le CFCM va porter plainte pour islamophobie.

  6. Guenièvre

    Dans ma petite ville de province, à 5 km de mon hameau, il y a un marché le dimanche. Du coup, la plupart des commerçants sont ouverts et les paroissiens vont faire leurs courses après la messe. Cela n’a jamais posé de problème. Combien d’exceptions de la sorte ? Il y a donc là beaucoup d’hypocrisie . On devrait laisser la liberté à condition de garder dans la règle que le dimanche n’est pas un jour comme les autres et que le travail ce jour là doit être rémunéré davantage .
    Vous avez raison Impat, ce besoin d’interdire est fascinant. Peut-être a-t-on là une compensation de l’inconscient à cette peur d’interdire qui sévit dans tant d’autres domaines comme l’éducation et les moeurs…
    "Blessé le dimanche, le lundi tu calanches" ! :-) Lector vous en avez beaucoup comme cela ?

  7. La vie est rythmée par le jour et la nuit, par les jours ouvrables et les jours de repos.
    Je veux bien qu’on laisse toute liberté aux commerces pour ouvrir quand ils veulent. Le risque, c’est la banalisation du dimanche qui, à terme deviendra un jour comme les autres, sans compensation et sans sur-rmémunération. La France n’est pas les USA.
    Il faudrait qu’on m’explique : un commerçant vend un dimanche un produit qu’il vendrait en semaine. Pour cela il paie un vendeur 30 % plus cher. Où est le gain ?
    Si j’ai mon jour de repos le dimanche et ma femme le mercredi, quand aurons-nous un jour commun pour nous reposer ou sortir ensemble ? Quand pourrons nous avoir des fêtes de famille si chacun a un jour de repos différent ? Quand des clubs ou des associations feront-elles leurs sorties ou leurs fêtes ? Etc…
    Bref, on s’achemine encore plus vers le "chacun pour soi" et même pas "Dieu pour tous", vu que les croyants n’auront plus de jour commun non plus pour se rendre au culte.
    Mais tout cela ne sera que temporaire : lorsque les musulmans seront assez nombreux, ils imposeront le vendredi comme jour de repos et tout rentrera dans l’ordre !

    • Guenièvre

      Patrick, bonjour !
      Vous posez un vrai problème : il ne faut pas que le dimanche se banalise. Mais je crois qu’il y a des possibilités d’aménagement sans pour cela aller vers cette banalisation.

  8. Loaseaubleu,… « interdire aux magasins d’alimentation de rester ouverts apres 21 heures.
    le CFCM va porter plainte pour islamophobie. »…
    ! :-)

  9. Guenièvre

    56 % des français ne veulent pas travailler le dimanche mais 69 % aimeraient que leurs magasins soient ouverts !!!

    http://www.challenges.fr/economie/20131005.CHA5253/56-des-francais-hostiles-au-travail-le-dimanche.html?xtor=RSS-16

  10. Patrick,… « un commerçant vend un dimanche un produit qu’il vendrait en semaine »…
    C’est un bon argument, qu’on entend partout chez les opposants.
    Mais il n’est pas exact, pour les principales raisons suivantes :
    La vente du dimanche concerne aussi les gens de passage. (l’exemple presque caricatural est Sephora sur les Champs, qui vend en majorité aux touristes étrangers…quand il est ouvert)
    L’ambiance du dimanche, et le temps disponible, incitent à prendre le temps de choisir et à acheter.
    Un jour ouvert en plus améliore la fidélité au magasin.
    La notion de service continu au client accroît aussi cette fidélité, les clients en sont reconnaissants et reviennent.

    Quant au « où est le gain » n’ayez crainte, si un magasin ouvre le dimanche, ou le soir, c’est qu’il y trouve son compte. Les commerçants savent compter leurs gains aussi bien que les syndicats leurs troupes.

  11. Guenièvre,… « 56 % des français ne veulent pas travailler le dimanche mais 69 % aimeraient que leurs magasins soient ouverts !!! »…
    Cela paraît contradictoire, mais à mon avis ça ne l’est pas. Avec 44 % de Français travaillant parfois le dimanche, 69 % des Français seraient contents !
    De plus je crois que le sondage auquel vous faites référence en dit un peu plus :
    56 % des français ne veulent pas travailler le dimanche…mais 63 % le veulent bien s’il y a une compensation (salaire, jour de repos etc.)

  12. Guenièvre, Patrick,… « il ne faut pas que le dimanche se banalise »…
    Vous avez mille fois raison (2000 à vous deux). Mais le risque n’existe guère.
    L’exemple américain, quelquefois utile, le montre. Tout est ouvert le dimanche, et beaucoup de boutiques ouvrent toute la nuit. Or les dimanches restent un jour bien à part, (et même les nuits restent les nuits).

  13. Guenièvre

    "et même les nuits restent les nuits"
    C’est vrai Impat ? :-)

    Il est vrai que certaines traditions sont profondément ancrées : la tentative de suppression du dimanche dans le calendrier républicain fut un échec !

  14. QuadPater

    Le patron qui ouvre le dimanche est content, son CA va augmenter plus que ses frais (pour plein de raisons évoquées à 11:31 par Impat). Le salarié, volontaire et payé davantage, est content. Le client est content de ne pas devoir différer ses achats. L’État est content, plus d’impôts seront récoltés.
    On peut donc parler d’une opération win-win-win-win ; c’est assez rare pour qu’on le note.
    Les syndicats les plus cons du monde (quoique… je ne connais pas les belges) s’y opposent. La CGT en particulier (crâne épais, petits yeux porcins injectés de hargne et de bêtise) enchaîne dans l’affaire trahisons des salariés et sabotage social.
    Ces malfaisants ne représentent plus rien et ont tout le monde contre eux. Pourtant, qui oserait les dissoudre ?

    • Florence

      L’oiseau bleu l’a rappelé plus haut : ce sont les syndicats qui reçoivent les amendes et ça peut faire du chiffre.

  15. Empêcher les syndicats de nuire ? Il y avait une fenêtre de tir en mai 2007. Sarkozy pouvait tout faire. Il a préféré nommer Bernard Kouchner au Quai d’Orsay. Et l’Ouverture à gauche s’est refermée sur nous.

  16. Mais j’insiste ! Pourtant je n’ai aucune sympathie pour la CGT.
    La France n’est pas les USA. Je crains qu’à terme, le dimanche travaillé ne soit banalisé. La semaine avec ses sept jours est un reste de judéo-christianisme que certains tenteront de faire disparaître tôt ou tard. Il y a eu un précédant avec les décades issues de la révolution française. Thermidor, fructidor, ou encore décadi, cela vous parle, n’est-ce pas ?

  17. Cela nous parle, mais justement ça n’ à pas marche !

  18. Lector

    Roturier,
    non, nous ne sommes pas ainsi fait ; d’après expérience scientifique notre rythme biologique serait de 36 heures dont 6 de sommeil.
    J’ai souvent vécu peu ou prou selon ce modèle qui bien sûr n’est pas pratique du tout quand aux heures ouvrées de l’économie mondialisée…
    Bon, travailler le jour avec un marteau-piqueur ou la nuit à du gardiennage… pour un même corps… quel scénar est le moins avantageux point de vue santé ?
    Sinon, joli ce que vous dites des artistes ; j’achète… pardon, je prends.
    Les artistes ne vivent pas non plus que d’amour et d’eau fraîche ; comme j’en ai souvent consommé en tant que bohémien, je déclare que la vache enragée ne fait pas l’inspiration mais l’expiration.

    @Antidoxe

    Je trouve des arguments valables dans les deux camps : reste à savoir à quelle logique ils appartiennent.
    Si j’ai fait mon commentaire principalement anecdotique aussi qu’interrogatif (il n’était pas prise de position politique ou éthique) c’est que je reste partagé.
    Pour ma part donc, c’est principalement l’égoïsme, le mien, qui voudrait que, dans les grandes villes, le libéralisme l’emporte.
    Mais comme je crois que c’est l’activité et non le salariat qui est une valeur sûre, ce par quoi l’on se construit, je prétends que l’on ne saurait d’une part se plaindre de la prédation économique comme je le fais parfois, ou d’un manque de spiritualité, ou de civisme, je veux dire d’un déficit démocratique, éthique, d’un appauvrissement des « valeurs » (ce que vous voudrez, interrogez-vous), et d’une autre, vendre son âme et son temps au « tout marchand/économique tous les jours (et nuits) », à la soi-disant « concurrence libre et non faussée », au minuscule concept de « l’offre et la demande », bref aussi à l’avarice, du moins à l’appât du gain ou à la surenchère économique.
    L’artiste que je fais trouve ces choses extrêmement vulgaires. Et je n’ai que faire de l’argumentaire américain, je suis français.
    Comme je trouve apaisante une certaine logique (conforme au bon sens ou pas), une cohérence certaine pour le dire plus précisément, que je voudrais que chacun fut ou soit dans son rôle et chaque chose à sa place, que je n’aime pas que l’on essaie de me faire prendre des vessie pour des lanternes, j’imagine que les deux positions sont tenables, puisque d’ailleurs elles l’ont été, tenues, en France, et comme le suggère Impat avec l’exemple américain, qu’elles ne sont pas forcément contradictoires, bien que celle défendue par l’auteur cède, se soumette à une culture mercantile que vous tous avez un jour regrettée, ne serait-ce qu’observant disparaître avec les petits commerces déjà, ce fameux « tissu social », républicain (oui, républicain, pas occitan ou régionaliste ! Jacobin !) qui aujourd’hui subit aussi le joug du communautarisme… chose qui n’est qu’une construction anglo-saxonne répondant à la déstructuration d’un « vivre ensemble » à la française.

    « Ah ben c’est terminé ça, mon pauv’ Lector, vous rêvez, il faut être pragmatique, le Marché, le mondialisme, que voulez-vous… représentez-vous l’adage : s’adapter ou mourir ! Voilà tout ! »

    Ouiiii, ben voyons ! Et ce n’est pas, houlala de droite, ou pas que…, ça, ce genre de sentence ! Jospin déjà le disait : « je mènerai une politique économique libérale » ; parce que ‘pas le choix’ disait-il, le grand schtroumf à Solférino… non mais rendez-vous compte un peu ! Démission ! Quel Zola écrirait aujourd’hui un « J’accuse » qui dirait la trahison toutes obédiences confondues des élites, leur soumission et leur corruption?!
    La banderole de la photo est à mourir de rire… quel choix ?! Pfff ! Bêtise !
    Ça ?! Un choix ?! De domestiques oui !
    S’adapter ou mourir ? Mais nous en crevons de ce libéralisme à la solde des banques et des grands distributeurs ! Tu parles d’un choix ! D’abord à petits feux ; aujourd’hui c’est carrément le bûcher ! Merde ! Combien d’incendies ! Combien de gémissements ! Combien d’hypocrisie !
    « Pas le choix » ?! Et pourquoi donc n’aurions-nous plus de choix ?! Qui commande nom d’un dollar ?! Ah ben voilà… la bourse… LES bourses ! Allez ! Dansez ! Bandez ! Jouissez autant que vous pourrez ! Tout de suite ! Maintenant ! Là ! Que ça crache ! Je veux ! Branlez donc vous dis-je ! Astiquez ! Sucez ! Avalez consommateurs ! Chantez canards ! Valsez cirrhoses ! Prosternez-vous fourmis et dhimmis eurocrates ! Présentez bien la pastille qu’on vous l’enfile ! Puisque c’est obligatoire, sans échappatoire, qu’il faut nourrir le trou ! Celui de la dette, pas de la sécu…

    Bref j’expire et si je ne suis pas d’accord avec les arguments de Patrick, il a raison. Je suis plutôt d’accord avec ceux d’Impat mais j’ai tort.

    PS. Salut à vous Guenièvre. Et, pour vous répondre (10:32) : ça vient selon le contexte. En tout cas, satisfait que ce croquis vous ait diverti, je vous souhaite une bonne nuit.

  19. Guenièvre, pour les nuits, oui c’est vrai :-) et en plus elles tombent 2 heures plus tôt qu’ici !

  20. Choix de domestiques, dit Maître Lector.
    Certes; et alors?

    CAR de domestiques le sachant; non fiers de l’être mais sans illusions sur les alternatives en main.

    Ne plongez-vous pas dans le mépris des classes laborieuses parce qu’elles le sont?

    Excluez-vous l’hypothèse que la dernière caissière d’hypermarché sait ce qui lui faut mieux qu’un artiste peintre à la plume aussi agile que le pinceau ?

    Voulez vous, Vladimir Illitch, faire le bonheur de la plèbe à l’insu de son plein gré ?

    Vous n’en serez pas le premier. Je ne vous ferai pas l’offense de rappeler les prédécesseurs.

  21. J’ai l’impression qu’aujourd’hui nous n’ayons plus que le choix des dhimmitudes (cf. Lector 01:10)) :
    - celle du commerce-roi, ou du commerce-dieu, le Mamon qu’évoque Jésus dans l’évangile et qui nous transforme peu à peu en esclaves, ou alors
    - celle de l’islam à laquelle une bonne partie des politiques et de la presse font allégeance depuis longtemps déjà.
    Et bien, moi, je refuse l’une comme l’autre. Il ne faudra pas compter sur moi pour faire mes achats le dimanche. Il y a 6 jours dans la semaine pour travailler. Cet acquis social a plus de 4000 ans (merci Moïse) et si l’humanité le brade, elle ne pourra pas se plaindre des maux qui en découleront inexorablement.
    Alors, oui, Jésus a dit : "le sabbat (repos) est fait pour l’homme, et non l’homme pour le sabbat". Il a guéri un malade le jour du sabbat, ce que les religieux de l’époque lui ont reproché. Donc, oui, il faut des médecins, infirmières, pompiers etc. le dimanche, et il faut qu’ils soient rétribués correctement. Il faut assurer la sécurité et quelques autres tâches indispensables. Mais le commerce n’en fait pas partie. On peut s’organiser en conséquence.

  22. grandgil

    A l’auteur, bien sûr, vous bosseriez quant à vous le dimanche ?

  23. Lector

    Aucun mépris Roturier, cela reviendrait à mépriser ma propre famille, son histoire, qui, comme la majorité des françaises, est issue de la plèbe ; débarqué en France au 13ème, nous n’étions que simple soldat, chair à canon ; il a fallu attendre jusqu’au 20ème pour que de bachots passés en candidats libres mes grands-pères nous hissent dans les classes moyennes, l’un d’abord ouvrier d’usine à 12 ans, l’autre docker au même âge… sans oublier non plus la filiation paysanne des épouses. Chair à canon de nouveau au 20ème, roturier, c’est long n’est-ce pas et mortel pour avoir enfin la chance d’étudier Cicéron qui écrivit que « toute personne qui vend son temps pour de l’argent se place de lui-même dans le rang des esclaves ». L’émancipation sociale et intellectuelle est difficile ; félicitons le certif’ qui avait de leur temps plus de valeur que le bac aujourd’hui.
    De cette antique citation me vient, en supplément d’un amour certain pour le travail manuel, le plus grand respect pour les artisans que je considère hommes libres. Vendre le fruit de son labeur, je trouve la chose plus gratifiante que d’aller chercher une aumône à la chaîne ou dans les mines, aux caisses de supermarché (je suis pour les automates à ce titre bien qu’ils déshumanisent, ils participent à l’émancipation) voire une allocation d’assisté social.
    Voilà pourquoi, je milite parfois pour une allocation de chômage unique que je préférerais « salaire citoyen ». Si j’abhorre le communisme, le collectivisme m’a semblé une bonne idée lorsque je lisais Swift ; Chaplin, lui, des temps modernes m’a immunisé contre l’esclavage bien avant Cicéron. J’ai fait mille « petits jobs » et métiers en temps de vache maigre, de maçon à bibliothécaire en passant par père noël. –Enfin mille, j’exagère, comme souvent.– Si je ne m’y considérais pas esclave ou domestique, je ne m’imaginais pas libre non plus pour autant.

    Nous avons le choix Roturier, le fait qu’il puisse être difficile à faire, qu’il ne soit pas toujours promesse d’un grand confort matériel, n’empêche pas les alternatives.
    J’ai été logé et nourri sans l’avoir quémandé dans ma jeunesse européenne par la générosité d’italiens pauvres, dont la richesse de cœur prévenait de l’insouciance l’artiste que je suis. L’amour de l’art, cher Roturier, et la solidarité des humbles, allaient de paire en ce beau pays très catholique. Je crois avoir rendu, autant qu’il m’était possible possible, à d’autres aussi, ce que j’y ai reçu.

    Travaillent dans mon supermarché de campagne, deux caissières de carrière : l’une hautaine, en gant blanc s’il vous plait, insupportable de fatuité ridicule, méprisante à crainte, l’autre l’œil amusée, dont l’esprit a pris quelque distance avec la condition sociale que l’époque lui fait ; peu dupe, ni devant sa télévision, celle-ci préférant regarder Gulli plutôt que de se faire enfumer par TF1 ou BFM, me dit-elle un jour peu ou prou en ces termes et sans acrimonies dans le ton, elle a toute mon attention et m’inspire sympathie. La marquise de basse cour par contre, je l’ignore, pour ne pas avoir à son mépris lui cracher mon venin.

    L’artiste peintre voyez-vous, qui fréquente aussi bien le patricien que le plébéien, le ministre et l’ouvrier, ne serait-ce que l’indigent et le nanti, la fine fleur et le métèque, sait l’aristocratie de cœur de la « race des poètes », comme dirait St John Perse, ou des humbles, des justes ; chose qui n’a que faire de Marx, du gratin prétentieux ou de la populace crasse, du bourgeois ou du vulgaire. Tous lui font sentir qu’il n’appartient ni aux uns ni autres même si chacun peut ponctuellement lui ouvrir les bras ; seuls ceux qui lui tendent la main ou lui serrent la sienne sont ses frères. Cette fraternité éternelle qui n’est pas une phratrie, je l’ai reconnue tant dans l’œil vif d’une caissière athée d’un supermarché de la France profonde que dans celui pénétrant d’un réalisateur américain juif rencontré en ex Yougoslavie, en Italie dans le jeune regard déchu d’un toxicomane fleuriste et catholique ou dans celui encore alerte d’un vieux patricien musulman de Carthage.

    Si j’étais croyant… peut-être le suis-je pour part sans le savoir, mais d’un esprit qui n’a connu souvent que l’emprise du doute mon cœur accède mal à la foi, ou bon chrétien, je répondrais en tous points comme Patrick que je veux saluer ici pour la noblesse de son commentaire et la générosité qu’il eut naguère, favorable à l’un de mes écrits.

    Comme apparemment je ne le suis pas, je profite de l’ad hoc intervention de Quad, pour citer en conclusion cette réponse tirée du texte qu’il relaye :

    « Toute cette discussion sur le travail le dimanche montre encore une fois la vacuité totale des aspirations collectives et grégaires d’une bonne partie de la société gangrenée par le consumérisme à outrance, cette opération de décervelage intensif des masses depuis les années 50. »

    Tout est dit. Le texte d’Amaury Watremez ou le commentaire de Patrick ont eu finalement raison de ce que je nommais mon égoïsme qui n’était que démission et lâcheté ou encore conformisme ; le caractère de l’un, volontaire, et l’analytique de l’autre, par delà ma propre vitupération, a forcé mon admiration.

    Bien à vous tous. Bonne soirée.

  24. Grandgil 19h40.
    Évidemment! Pourquoi donc ne le ferais-je pas?
    Je me souviens d’avoir été félicite par une assistante sociale pour l’avoir fait.

  25. Maître Lector aime le petit peuple. Il en mangerait.
    Mais c’est tellement bien dit…

  26. Lector

    Votre roturière et vulgaire acidité glisse sur les ailes de ma sincérité ; m’est avis tout d’un coup en mon arbre perché, bardé de pinceaux et de plume, que le renard, dans le poulailler bien caché, c’est vous, qui prétendez faire partie de l’écume ; « serait-il de la classe », aurait dit mon grand-père, « lui qui fait main basse sur la lutte ouvrière en baissant devant les patrons sa défroque à chaque occasion ?! », « Doit-il avoir honte comme de ses étrons, de sa personne même et de sa condition ! », aurait ajouté son peu labile beau-fils si n’avait été utile que je le fisse. C’est fait. De quelle jalousie dites-vous qu’elle vous tanne quand d’un compliment compassé vous faites plus que vous n’êtes l’âne de toutes les luttes passées ? Je ne saurais le dire et plains votre amertume qui fait triste cire sous le marteau de l’enclume. D’un sang impur pour toute filiation, Tiers état, pupilles de la nation, la noblesse du cœur pour unique blason et la geste des justes pour toute raison, j’avancerai, tenant de mes aïeux la leur, ce commentaire ad hoc : « Non, ce n’est pas moi l’imposteur », comme aurait dit Pollock.

  27. Guenièvre

    Vous balancez lector, vous balancez avant de vous poser et … de repartir peut-être. Il n’y a pas de mal à ça !

    " Ce que je tiens aujourd’hui, et ce que je crois je le tiens, et le crois de toute ma croyance ; tous mes outils et tous mes ressorts empoignent cette opinion, et m’en répondent, sur tout ce qu’ils peuvent : je ne saurais embrasser aucune vérité ni conserver avec plus d’assurance que je fais cette-ci. J’y suis tout entier; j’y suis vraiment : mai ne m’est-il pas advenu non une fois, mais cent, mais mille, et tous les jours, d’avoir embrassé quelque autre chose à tout ( avec ) ces mêmes instruments, en cette même condition, et que j’ai depuis jugée fausse ? " Montaigne. Les Essais II, 12.
    ou encore : " Tout argument m’est également fertile ( III, 5 )

    Et si le dimanche était aussi un " état d’esprit"? Je suis d’une famille de paysans. Comme on disait à l’époque: " Chez nous on travaille dimanche et fêtes !" Ces jours là il fallait bien traire les vaches et les sortir, s’occuper des volailles tout comme les autres jours. Mais le dimanche on s’arrangeait pour finir un peu plus tôt, on mettait des habits un peu pimpants, on améliorait le repas du midi et on invitait parfois la famille ou les amis. C’était un tout petit intermède mais un intermède qui avait une signification sociale. A quatre heures souvent il fallait déjà repartir au boulot. C’est toujours le cas pour mon beau-frère qui est éleveur : il se lève TOUS les jours à cinq heures du matin.
    Je connais des familles pour qui le dimanche c’est rester en robe de chambre toute la journée et piocher chacun dans le frigo à tour de rôle. Ils sont sans doute une minorité mais c’est pour dire à Grandgil que l’esprit consumériste n’est pas responsable de tout : le marché du dimanche par exemple pouvait être un formidable lieu de rencontre et de discussions.

  28. Guenièvre

    Mais il est vrai que je vous parle d’un temps que les moins de …..
    Je vais au jardin , tiens !

  29. Ben ouai, La Dame 10 :59.

    Nos paysans d’ancêtres (à nous TOUS) bossaient le dimanche; sauf ceux qui le font encore; grâce à quoi nous avons de quoi manger. Il faut traire les vaches tous les jours, même ceux que dieu a fait.

    L’interdiction du travail du dimanche procède d’une mentalité analogue à celle des 35 heures.
    Dans une cervelle fonctionnaire, aucun problème de chômer le dimanche ; étranger (hostile…) au monde du travail et de l’entreprise qu’il est. Et aucun problème de travailler 35 heure ; causes idem.

    Et c’est eux qui gouvernent ce pays grâce à leur facilité d’accès aux mandats politiques ; bien assez glosé sur la chose.

  30. roturier

    Maître Lector 10 :40.

    Sincère sans doute vous l’êtes. Et tort vous avez.
    Les deux étant parfaitement compatibles ; sancta simplicitas.

    Votre ramage ne vaut hélas pas votre plumage. Contenant splendide, contenu vide.

    Voir mon 11:36 à l’attention de La Dame. Quand je dis fonctionnaires, j’y compte les assimilés.

  31. Lisa

    Il est sain de se reposer un jour par semaine.
    Il est bon de ne pas pousser les gens à consommer à tout va.
    Il y a déjà assez de gens "obligés" de travailler le dimanche !
    Et on garde le dimanche parce qu’on est un pays aux racines chrétiennes, point barre.

  32. Guenièvre

    @ Lisa,
    Chère Lisa,presque tout était obligatoire chez les paysans, l’entretien des animaux comme la moisson quand il se trouvait que le dimanche était ensoleillé et que le blé risquait de pourrir sur place.
    Mais je suis d’accord avec vous pour qu’on "garde le dimanche" dans la grande majorité des cas.
    La question que je posais était celle-ci : est-ce que c’est seulement l’absence de travail qui suffit à donner au dimanche une signification sociale ? Chez nous on travaillait "dimanche et fêtes" mais justement, le fait de préciser "dimanches et fêtes " cela voulait bien dire que ces jours là n’étaient pas des jours comme les autres bien que l’on travaillât. C’est bien pour cela que je parle "d’état d’esprit".

  33. Bonjour Guenièvre, … « est-ce que c’est seulement l’absence de travail qui suffit à donner au dimanche une signification sociale ? »…
    Voilà posée la vraie question. À laquelle pour ma part je réponds sans hésiter : bien sûr que non. Le dimanche est vécu par tous, presque tous, comme une journée « à part », que l’on travaille ou pas. Le dîner du dimanche après le travail, ou le déjeuner si on travaille le soir, est un repas de petite ou grande fête. Même pour ceux qui vivent seuls, et qui restent en général sensibles au caractère différent de ce jour faisant passer d’une semaine à l’autre.

    Par ailleurs il est intéressant de constater ici que les quelques uns et unes qui s’opposent au travail du dimanche le font pour des raisons de principe, d’Histoire, ou de religion. Ils oublient une chose, et une des choses les plus sacrées qui soient : la liberté. Au nom de quoi se permet-on d’empêcher, d’interdire à tous ceux qui désirent ce travail , de le faire, et en même temps d’interdire à ceux aiment faire du « shopping » le dimanche, ou qui ne disposent que de ce jour pour le faire, de pratiquer ce qu’ils souhaitent pratiquer ?
    An nom de quoi s’obstine-t-on à choisir à leur place ce qu’ils doivent aimer faire ?
    Que ceux qui préfèrent aller voir un match de foot, une pièce de théâtre, un concert, une forêt, un guignol, un meeting politique, un café du commerce ou de la république, une messe, un combat de boxe ou de coq…le fassent. Et ceux qui préfèrent magasiner, pour acheter ou pour voir l’évolution de la mode en vêtement, en ébénisterie, ou en outillage, qu’on leur foute la paix en laissant ceux qui le veulent leur offrir ce service.

    • Impat, à vous lire, tout serait bien dans le meilleur des mondes.
      Mais on sait très bien que s’il y a des gens que le travail du dimanche arrange, il en est d’autres qui y sont contraints. Si vous généralisez l’ouverture des commerces le dimanche, les personnes qui seront embauchées vont se voir dans l’obligation d’accepter ce travail dominical, faute de quoi l’employeur en prendra d’autres. Les gens en recherche d’emploi auront alors le choix entre le travail du dimanche et le chômage. Belle perspective. Si l’ouvrier n’est pas forcément un enfant de coeur et le patron pas forcément un salaud, la réalité humaine est telle que le rapport de force ne sera pas en faveur de celui qui cherche un emploi.

  34. D’accord avec Impat 16:16.
    La pulsion d’interdire suppose que nous sommes mineurs et qu’il faut faire notre bonheur malgré nous.
    Allez dire à un paysan que nourrir les bêtes dimanche est mercantile et avilissant. Mais attention, un coup de fourche est vite arrivé.

    • Roturier, c’est peut-être l’âne qui va vous envoyer une ruade !
      Bien sûr que les paysans ont toujours nourri les bêtes et traient les vaches.

  35. Patrick, … « il y a des gens que le travail du dimanche arrange, il en est d’autres qui y sont contraints »…
    Oui sans doute, et toutes les enquêtes montrent que les premiers sont beaucoup plus nombreux. Et de toute façon, pourquoi voulez-vous satisfaire les seconds plutôt que les premiers ?
    Quant aux clients, ils veulent tous avoir le choix.
    Travailleurs volontaires très nombreux, étudiants à la recherche d’un travail d’appoint, tous les clients…ça fait du monde, non ? Sans compter le sens de la liberté, dont notre pays serait bien inspiré de se nourrir de temps en temps.
    NB Quand vous pourrez me donner le nom d’un employé licencié pour refus de travailler le dimanche, ça m’intéressera !

    • Je n’ai pas dit "licencié pour refus de travailler", mais "non embauché en raison du refus de travailler le dimanche". Ce n’est pas pareil.

  36. D’accord Patrick, je me contenterai de çà: le nom d’un "non embauché en raison du refus de travailler le dimanche".

    • D’abord nous sommes encore en situation de commerces fermés le dimanche, sauf autorisation. Et je pense que l’employeur ne donnera pas nécessairement la vraie raison de la non-embauche, c’est d’ailleurs une pratique courante. Il y a suffisamment de cas où une personne n’est pas embauchée, et qu’on lui donne une raison bidon, ou pas de raison du tout, sauf que parmi plusieurs il faut choisir…
      Par ailleurs, donner des noms peut s’avérer délicat. Derrière le nom il y a la personne qui n’a pas forcément envie que son "cas" soit exposé sur la toile.

  37. Lector

    Guenièvre,
    ah oui, eh bien je persiste, l’esprit consumériste des paysans chère Guenièvre c’est Monsanto ! J’y suis en pleine campagne, et je me souviens qu’ici mon grand-père pestait dès les années 70 contre le lisier et les engrais chimiques qui empuantissent nos narines et polluent les nappes phréatiques. Tout comme aux USA bien plus tôt, souvenez-vous Dos Passos, premier chapitre 42ème parallèle si ma mémoire est bonne. Il levait le poing tout pareil et gueulait contre les cons, mon grand-père, Hector Pharaon, breton puis rochelais.
    Le consumérisme tel qu’évoqué n’est peut-être pas paysan mais le profit ça ! Dites-moi le contraire ! Je voudrais voir ça…
    Nourrir aux granulés plutôt qu’au blé, ben tiens deux barils pour le prix d’un ! Puis aux farines animales ! Lorsque le même aïeul prévenait éthiquement et sanitairement sa belle famille de paysans alsaciens (d’éleveurs agriculteurs, pas trop pauvres ceux-là pour devoir en passer par là), il s’est fait répondre qu’il ne l’était pas paysan ! Alors quand avec le prion nos bons paysans se sont plaints d’avoir eu à sacrifier le bétail, je leur eai rappelé ce qu’il disait, le grand-père.
    Et ce ne sont plus les jolis tracteurs d’antan qui roulent sur les anciens chemin de hallage mais d’énormes machines effrayantes de tonnage qui détériorent les routes chaque année à refaire ; et plus de poisson dans le marais ; les faussés bouchés pour gagner quelques hectares et puis on se plaint que la mer n’est plus endiguée et ça fraude à l’assurance à qui le mieux, parce que le sel marin ma bonne dame ça ruine vos champs, qu’ils disaient à la télé après xynthia… dans une région d’agneaux de prés salés… à mourir de honte ! J’ai vu ! Pardon ! L’herbe repoussait en moins d’un moi sur les champs qui ont été labourés…
    Et la volaille, les moutons et les bœufs confinés !
    Quand j’étais gosse nous allions aussi aux grenouilles, ça faisait l’argent de poche des drôles du village ! Aujourd’hui tout cela a disparu, brochets, carpes et gardons, quasiment plus d’anguilles non plus… ah il est chouette le paysan ! Avec l’asthme de son fiston à micro pénis…
    J’ai connu la Bretagne pauvre et la terre battue pour sol de chambre et de pièce à foyer, la porte ouverte sur l’écurie pour profiter de la chaleur animale, le chiot au bout du jardin au dessus d’une fosse, en Vendée aussi, fallait faire gaffe aux échardes, l’Alsace riche et conviviale de la famille réunie après la messe autour d’un poêle, d’un accordéon ou d’un harmonica.
    Aujourd’hui ces images et souvenirs ne sont plus que des chromos ; la terre battue et le chiot pourri se trouvent encore mais pour le reste, nib, des clous ! Chromos !
    Vous croyez donc parce que je fais des rimes que je parle sans savoir ? Que je n’ai jamais foulé le moût de mes pieds jusqu’à en avoir les chevilles violacées…
    Tous les jours à 5 heures du matin, nous allions aux champignons… ah ben plus de vaches dans les pâturages… c’est con on est pas en Dordogne ici, pas de morilles, pas de cèpes, je mycorhize donc des souches pour avoir de nouveau des pleurotes ; j’ai même braconné, comme Pagnol, dans ma jeunesse, posé des pièges et nourrit des canards avec la jussie rampante des marais et des têtes de perches du Canada, des bleus comme on dit par ici… plein d’arête, bon pour les chats…
    Je coupe mon bois pour me chauffer, use de mon droit d’affouage… loi d’un temps que les plus de vingt ans ne semblent même plus connaître… tous antijacobins… alors… à d’autres…
    Le travail de la paysannerie est un travail saisonnier ! Avant la révolution française les paysans travaillaient moins de la moitié de l’année… c’est l’Histoire ! Cela ne voulait pas dire qu’ils n’étaient pas actifs le reste du temps ou n’ont pas soufferts des famines et pestes… bien sûr… mais pendant les guerres, ce sont les villes qui crèvent la dalle…

    Roturier, j’ai dis moi-même que j’avais tort d’ailleurs… vous le percevez ou pas le contenu ou croyez-vous que la forme puisse se passer de fond ?! Gardez donc vos demi compliments à l’avenir.. et je ne dis pas attaques mesquines déguisées (ah ben si, je viens de le faire), je vous crois sincère mais pas plus pertinent que vous dites que je ne le suis…

    On parle d’un travail salarié, effectué le dimanche pour de grandes enseignes, ne mélangez donc pas tout ! Les exemplaires sous la banderole ne sont pas des paysans.
    Que ce jour pour pratiquer quoi ? Le shoppingue ! Ah bon et les 35 heures ici rappelées ?
    Laissez nous faire du shoppingue ! En voilà un argument ! Au nom de quoi s’obstine-t-on à vouloir faire la liberté des gens aussi étriquée ?
    Mais nous vous laisserons magasiner à loisir cher Impat, puisque de toute façon l’économie de Marché est triomphante…

    N’importe quoi Roturier, je vous retourne vos arguments majeurs et vaccinés qui font le bonheur de vos maîtres.

  38. Guenièvre

    Lector il n’y a plus de paysans : ils sont morts à la fin des années 70. Aujourd’hui on a des exploitants, ce n’est pas la même chose ! alors consuméristes ils sont bien sûr. Je suis d’accord avec tout ce que vous dites sur le massacre des campagnes, je me suis battue pour que l’on n’arrache pas les haies autour de mon village, pour que l’on enterre les "boues d’épandage" immédiatement comme c’est la loi…
    Je voulais seulement souligner que ce n’est pas seulement le fait de travailler le dimanche qui donnait à ce jour un caractère particulier.
    On a les mêmes souvenirs alors…sauf que les miens sont plus anciens que les vôtres. Ils sont ici sur Antidoxe d’ailleurs…

    • Lector

      moi je ne me bats plus… pas assez vieux sans doute… ou trop déjà, allez savoir…
      ce qui donnait son particularisme au dimanche Patrick en a parlé, une culture judéo-chrétienne… une morale…

  39. Ben ouais, Maître Lector. Et les grand-pères faisaient comme ceci…et les arrières grand-mères disaient cela… Sans oublier l’archi-grand-tante… Au temps jadis c’était mieux… En Alsace… en Corrèze…. Pourvu que ça soit ailleurs…

    MAIS pas trop loin. Restons Français. Christophe Colomb n’est pas encore né.
    Redevenons Visigoths pendant que nous y sommes.

    D’autant plus que tout ce monde travaillait 70 heures par semaine, dimanche et fêtes. Et contents d’avoir du boulot, car sinon, tu crèves. Edentés à 40 ans, morts à 50. Retraite ? Qu’est-ce ?

    Pardon…j’oublie….c’était mieux qu’aujourd’hui, n’est-ce pas. Prenons exemple sur eux. Allons cueillir des champignons ; on nourrira neuf milliards d’individus avec. Si vos aïeux n’ont jamais connu Monsanto, aucune raison que vous le connaissiez.

    Perché sur votre arbre à claironner la gloire des anciens, Maître, plongé dans des souvenirs sépia, vous semblez ne pas avoir foulé depuis longtemps le plancher des vaches auquel nous sommes quelques uns ici à être astreints.

    Même la nostalgie n’est plus ce qu’elle fut. Alors, l’avoir pour argument…

    • Lector

      je n’ai jamais fait de la nostalgie un argument, je vous réponds ! Je brosse un portrait de famille… une famille large, cosmopolite…
      Et je constate le désastre contemporain : état des lieux !
      Moi je le suis édenté, et vis sans sécu ! Alors les souvenirs sépias, je répète, à d’autres…
      Oui, plein de choses étaient mieux avant ! Du côté de l’art notamment…
      Mais ne te plains pas gars, t’as raison, tout est mieux de nos jours, sans restriction.
      Retraite, je n’en aurai pas ! Je ne me plains pas c’est ma faute, je cotise pas. Mais je ne serai pas le seul, les cotisants espagnols l’ont dans le derche déjà, à qui le tour mon bon élève ! L’assurance retraite comme l’assurance vie c’est pour les chiens ?

      Tiens, je vais la jouer procès d’intention moi aussi : donc vous dites que c’étaient tous des peignes-cul les anciens, vu votre mépris pour les grand-tantes à dentiers… l’Histoire ça vous dégoute… les filiations aussi…
      Caricature ! Voilà ce que vous faites. Mais vous êtes libre de préférer Jennifer à Brassens, Brel ou Fanon…

      "MAIS pas trop loin. Restons Français." Tu ne sais pas lire alors je te le redis : mon patronyme est d’origine écossaise, français depuis le 13ème, et la famille va des Hautes Terres en passant par la Vistule jusqu’aux Amériques et les îles… et plusieurs régions françaises, alors je te le dis, va te faire voir chez tes goths toi-même…
      Non mais c’est quoi ce délire ! Cela vous ferait mal de réfléchir au delà de vos petites opinions personnelles ou quoi ?
      J’y ai travaillé au Québec à 20 berges, rejoint un cousin breton naturalisé… pfff, j’arrête.
      Bon voyage touriste !

  40. Patrick, d’accord avec vous pour les noms, les demander n’était à prendre que comme une boutade irréaliste et j’aurai dû m’abstenir de la faire.
    Ce qu’il fallait comprendre, c’est que les directeurs de magasin n’ont besoin de faire aucune pression : lorsqu’ils demandent des volontaires pour venir travailler le dimanche (moyennant un salaire plus élevé) ils n’ont que l’embarras du choix. Vous pouvez les interroger. D’ailleurs les petites manifs des employés de Sephora en sont l’illustration, nous n’avons pas vu de manifs « contre » le travail du dimanche…

  41. Cher Maître 01:32.

    Je chantais les 3B (Brassens, Brel, Bécaud) en "yaourt" bien avant de connaître leur langue. Apprise tardivement « sur le tas », jouxtant un milieu francophone mais en totale autodidactie.
    Idem les interprètes : les Montand, Greco… d’autres… J’en oublie. Musique « populaire » de qualité telle qu’elle traversait les barrières linguistiques. Nul besoin ne me fut de comprendre pour comprendre.

    Je les place certes au dessous, mais pas loin, des 4B Majuscules (Bach, Beethoven, Brahms, Beatles). C’est dire.

    Lâchez-moi donc la grappe avec Jennifer. Pourquoi pas Johnny pendant que vous y êtes ?

    Si je suis jaloux de votre plumage et de votre dictionnaire de rimes, aux chevilles desquels je n’arriverai jamais (cf. circonstances atténuantes ci-dessus), ma mémoire reptilienne trimballe toujours un antique diplôme d’ingénieur et des décennies de responsabilités d’entreprises ; sous diverses latitudes.

    Et si je peux vibrer à l’unisson de votre nostalgie (car c’en est une) tout en n’ayant jamais humé les matins de votre jeunesse, je dois hélas vous dire que votre ramage se goure.

    C’est cuit. Râpé.
    Les dimanches français seront comme leurs homologues américains. La lutte d’arrière-garde est condamnée.

    Bien qu’ils n’aient pas tort, ceux qui craignent la banalisation, menant à terme à ce qu’un salarié ne puisse plus refuser le travail du dimanche même sans majoration de salaire.

    N’empêche.

  42. Guenièvre

    Bonjour Impat !

    Je balance moi aussi, même si de par mon vécu, je suis plus souvent du côté de la non-interdiction. Mais je dois dire que les arguments de Lector me touchent. Oui, la spécificité du dimanche n’existe QUE parce que nous avons vécu 2000 ans de culture judéo-chrétienne, autrement dit parce qu’il y a eu au départ une interdiction ou du moins une recommandation très pressante.

    Et pour répondre à la question que vous posiez :
    " Au nom de quoi se permet-on d’empêcher, d’interdire à tous ceux qui désirent ce travail , de le faire, et en même temps d’interdire à ceux aiment faire du « shopping » le dimanche, ou qui ne disposent que de ce jour pour le faire, de pratiquer ce qu’ils souhaitent pratiquer ?"

    …et pour prendre un peu le contre-pied de mon raisonnement premier :
    Je crois que l’interdit n’est pas seulement ce qui contraint mais ce qui constitue : il y a les deux aspects et on oublie souvent le deuxième. Quel type de société aurait produit le libéralisme dans un espace où ne préexistait pas de valeurs judéo-chrétiennes ( ou autres d’ailleurs ) ? Est-ce qu’une communauté construite uniquement sur la base " de l’intérêt bien compris de tout un chacun " et la liberté est viable ? Autrement dit l’effacement progressif de toutes les structures symboliques ne risque-t-il pas de nous plonger dans une barbarie ? J’exagère un peu , c’est vrai, les valeurs chrétiennes sont encore bien ancrées mais il ne faut pas oublier que les sociétés sont fragiles .
    Allez je prends un exemple extrême…
    http://www.books.fr/blog/alors-si-lhomme-est-bon-pourquoi-est-il-mechant–217/

  43. Guenièvre, en effet les Iks étaient bien mal partis, mais dans votre lien j’ai trouvé pourquoi :
    … « responsabilité de la famille transmise à l’État »… :-)

  44. QuadPater

    Roturier, Lector, vous m’avez effrayé. J’ai même jauni à l’idée que vous puissiez vous mettre à débattre du talent de notre roqueur national. Heureusement, il n’en fut rien. :)

  45. Souris donc

    Sombre dimanche.

    De cette histoire, je retiens aussi la résistance des enseignes qui ouvrent malgré les astreintes financières, et font une sorte de grève du zèle.
    Et je retiens que les socialopes nous entrainent encore un peu plus dans la règlementation et les interdits qui cumulés font les totalitarismes où tout est soumis à diktat. A chaque jour sa peine, à chaque jour sa taxe, à chaque son interdit. Hier, c’était une limitation supplémentaire à la vitesse sur je ne sais quel chemin vicinal.

    Pour en revenir au travail du dimanche, pas de quoi fouetter un chat, les bricorama veulent ouvrir. Qu’ils ouvrent, le bricolage fait partie des loisirs, de la tradition, des coutumes ancestrales. De la culture des classes populaires. Comme nature, chasse et pêche. Les quelques enseignes concernées seront noyées dans le flot des métiers à astreinte dominicale, journalistes, hôteliers-restaurateurs, corps médical, police, transports, marchés…

  46. Souris donc

    Malaise dans la civilisation ?

    Pas de quoi en faire une pendule, les églises sont vides depuis belle lurette, les grenouilles de bénitier ne bricolent pas, le repos des fonctionnaires qui ne font déjà pas grand chose ne sera pas troublé, les autres travailleurs ne deviendront pas des forçats livrés au grand capital ultralibéral et prédateur.
    S’agit juste de permettre à Kevin d’acheter trois clous si c’est son trip. De toutes façons vous ne l’amènerez pas à la Maison de la Kultur.
    Sous-jacente au débat, la crainte de mettre le doigt dans un engrenage. De tout temps la poste du Louvre était ouverte 24/24 h, ce qui faisait l’affaire des retardataires de la déclaration d’impôt. L’ouverture 24/24 de cette poste ne s’est pas étendue à d’autres.

    • @ Souris,
      "les églises sont vides depuis belle lurette"
      Ça dépend lesquelles ! Je peux vous en indiquer qui sont pleines tous les dimanches. Et on y rencontre toutes les tranches d’âges, pas que des vieux (pardon, des seniors). Mais il n’y a pas forcément des bénitiers, donc du coup, pas de grenouilles non plus !
      :-)

  47. Souris donc,… "De tout temps la poste du Louvre était ouverte 24/24 h, ce qui faisait l’affaire des retardataires de la déclaration d’impôt. L’ouverture 24/24 de cette poste ne s’est pas étendue à d’autres."…
    Excellente remarque! Cette ouverture permanente m’a toujours étonné, et m’étonne encore plus depuis mai 2012…
    Mais nous avons tort d’en parler, ça risque d’ouvrir pour elle (la poste) une voie fatale. Il vaudrait mieux la fermer (la…bouche, pas la poste)

  48. Lector

    Cher Elève du 10/10 ; jaloux c’est un peu encombrant, admiratif aurait suffi… c’est déjà beaucoup.
    Oui, bon, les Beatles non, je préfère le Who… bien plus d’énergie ; jamais pu piffer l’angélique Lenon… comme l’autre con à chapeau dont Barrett s’était moqué bien qu’il l’admirât, Dylan le faiseur ; du flan.
    Alors comme ça le français n’est pas votre langue maternelle… eh bien faites-en un atout.
    Si vous avez ici fait un papier de présentation, indiquez le moi ; je demande à tout hasard puisque j’avais lu celle de Kravi, ce me semble.
    Je n’ai pas retrouvé dans les archives votre article sur la Marseillaise que j’avais survolé en arrivant ; j’aurais eu quelque chose à vous dire là-dessus.
    Nostalgique je le suis, vous avez parfaitement raison.
    Vous me direz en quoi et où mon ramage se trompe… ça sera plus utile que de simplement relever la chose.
    Ce que je continue à vous reprocher, Roturier, c’est votre défaitisme, qui ressemble à celui de nos élites ; de leur part c’est une trahison. Je préfère ma ou notre nostalgie, c’est finalement un moindre mal et qui peut être ou dont il faut faire une source d’inspiration. Je l’ai fait mais vous étiez en voyage, vous, mon plus grand fan… n’empêche ;)

    Guenièvre, je comprends ce que vous voulez dire, au sujet de la non interdiction… (moi qui ne supporte pas les obligations) mais, je vais tâcher d’être explicite malgré les brumes dans lesquelles l’alcool a plongé ce soir mes esprits : il ne s’agit pas là d’interdire à des employés qui le voudraient de travailler le dimanche, mais de circonscrire l’omnipotence fiscale, la domination du Marché qui n’est jamais que l’exploitation de l’homme par l’homme. (Je ne dis pas là que des gérants d’enseigne exploitent les employés subalternes… ceux-là sont eux-mêmes sous domination, pas seulement sous emprise mamonique –comme dirait Patrick)
    Et cela, ce n’est pas la liberté, cette non interdiction, c’est tout le contraire ; c’est ce qui déshumanise, ça y participe.
    Il ne s’agit donc pas, comme l’avait supposé Roturier, de faire le bonheur du peuple à son insu mais bien de nous protéger nous-mêmes contre la vacuité mercantile à laquelle notre époque est soumise. Et la tradition, oui, activité dimanche compris, peut faire remède en l’espèce.

    @Quad ;)

    @Souris : toujours plus de lois c’est-à-dire toujours moins de liberté. Plus le droit de brûler par exemple depuis un bail en France, parce que taxe sur l’alcool = bouilleurs clandestins. Il existe encore des alambiques à la vente, au Portugal ou en Italie ; on peut même s’en faire livrer par la poste ; mais comment croyez-vous que l’harmonisation européenne gèrera la chose : nous le savons, demain interdiction là-bas s’il le peut, der komissar ! Ce qui est en jeu c’est le contrôle total de la population, la soumission de celle-ci à la consommation, aux consumérismes, à la marchandisation de toutes choses, du corps humain et des enfants.
    Et du coup, c’est l’insurrection qui couve. En France plus qu’ailleurs, nous sommes connus pour cela. Voilà pourquoi der komissar veut soumettre la France plus que tout autre pays.
    Et il a trouvé des alliés de choix en nos élus… d’où trahison des élites et de là insurrection… c’est pas bien compliqué… ou alors, des pauvres à pertes de vues et des bonnes gens qui détournent les yeux. Voilà le programme.
    La maison de la Kultur n’est pas pour lui de toute façon, Kevin ne regarde et n’écoute que les stars qu’à demi. C’est pas mieux, et, hélas, ça se vaut.

    @Patrick 23/46 ;D

    @Impat, ce ne sont plus les Postes, c’est la banque postale aujourd’hui, et la poste du village d’à côté (nous n’avons, nous, qu’une boite) n’y a pas résisté.

  49. Admiratif, Cher Maître 00 :33 ? Certes. ET jaloux, nonobstant.
    Sachant que tout flatteur…

    Papier de présentation ? Jamais. Contrairement à l’ami Combattant, ma petite personne ne présente pas suffisamment d’intérêt. Sauf pour les circonstances atténuantes lorsque mon Français flanche. Et aussi, si des mises au point s’avèrent utiles lorsqu’on me soupçonne certains goûts. Comme vous le fîtes ci-dessus.

    Les Beatles, ce n’est pas le tardif Lennon, pourri par la gloriole. Je parle de 1962 à 1968. D’ailleurs je ne prétends à aucune objectivité de « bon goût » s’agissant de souvenirs de jeunesse imbibés de nostalgie. Idem pour Dylan. J’ai beau comprendre la vôtre, nous n’en avons pas la même.

    La Marseillaise ? Il s’agit probablement de ceci, contenant, entre autres, une petite phrase là-dessus : http://antidoxe.eu/2012/08/16/indignation-revolution-et-fete-nationale/
    Votre avis sur la question m’intéresse. Surtout si vous contestez mon regard de métèque; auquel cas faites-en donc un billet ; mieux vaut tard…

    M’attribuer du défaitisme suppose, n’est-ce pas, que votre souhait de maintenir le dimanche férié coincide avec le mien.
    Or, ma formation et mon expérience m’interdisent les souhaits indépendants de la gravitation terrestre. Il faut donc faire avec.

    Les dimanches français seront donc in fine comme les dimanches américains ; et si ce n’est pas demain c’est après. A défaut d’être mon souhait, c’est mon pronostic.

  50. Lector

    "Les dimanches français seront donc in fine comme les dimanches américains ; et si ce n’est pas demain c’est après. A défaut d’être mon souhait, c’est mon pronostic."
    Voici là donnée la marque de votre soumission que je nommais défaitisme. Il n’y pas dans ce que vous dites de pronostic, c’est un constat que nous sommes nombreux à faire, une politique dont nous ne voulons plus.
    Je me demande bien de quoi peut être faite votre nostalgie !
    A vos soupçons j’ai répondu par d’autres en annonçant la couleur d’emblée. Effet miroir. Pour ma part je ne soupçonne pas, je constate. Quant à la gravitation terrestre… bien curieuse insinuation qui ne fait toujours pas argument !
    Le billet est prêt. C’est sans souci que je réponds à votre aigrière indignée.

    Faut-il que je l’envoie ***sur le mail d’impat*** ? Ou bien par une autre voie et sous quel format…
    Impat, Quad… ?

    ————————-
    modifié par QuadPater le 10/10/2013 à 9:46 : merci de ne jamais publier une adresse mail

  51. Cher Maître.
    Dans l’attente de lire votre billet, vous me rassurez.
    Vous êtes humain; trop, dirait Nietzsche.
    Car vos textes tendent à friser le ad-hominem. Comme le commun des mortels.

  52. Lector

    mais je vous en prie Roturier, chacun son tour.
    Tout comme le commun des mortels et parfaitement.

  53. desavy

    J’ai plusieurs fois utilisé l’exemple du travail le dimanche pour illustrer la nécessité de se protéger de la dérive marchande qui emporte tout sur son passage. C’est du même ordre que la location de ventres.
    Je rejoins Lisa et Patrick dans leurs propos, il est nécessaire qu’un jour particulier soit protégé de la frénésie consumériste. Et ce jour, c’est le dimanche.
    J’entends l’argument de la liberté. Nous pouvons en effet être libres de détruire ce qui fait notre pays.

    • Lisa

      Une relance du débat, est-on libre de détruire notre identité nationale ?

    • desavy

      A mon avis, oui. Comme sont libres de la préserver ceux qui le souhaitent. Après, on voit ce que ça donne…

  54. Le gouvernement a donc avec courage et rapidité mis en place une commission pour trancher ( ?) dans ce débat.
    Et qui est le président de cette commission ? C’est l’ancien président de La Poste, cette entreprise qui n’a jamais songé à ouvrir ses « services au public » le dimanche, ni même le samedi après-midi, ni même en soirée, ni même en semaine aux heures du déjeuner !
    Si vous avez une lettre RAC ou un colis à retirer, si vous êtes salarié et vivez seul, il vous faut prendre une demi-journée de congés pour aller le chercher. en faisant la queue au guichet.
    Merci à ce service au public…

  55. … « se protéger de la dérive marchande qui emporte tout sur son passage. C’est du même ordre que la location de ventres. »…

    Vous savez, Desavy, je peux moi aussi convoquer les grandes envolées pour défendre mon opinion. Par exemple :
    Chercher à satisfaire l’idée qu’on se fait d’une décision, chercher à obliger les gens à occuper certain jour de la semaine à autre chose que ce qu’ils peuvent souhaiter, décider à leur place de ce qui est bon pour eux, je pourrais appeler cela du totalitarisme. Cette excellente manière de pensée qui emporta tout sur son passage dans un grand pays pendant 70 ans.
    Pas mal, non ? :-)

  56. desavy

    Certes Impat, vous venez d’ailleurs de le faire à propos de la Poste :)

    La liberté est un concept difficile à manier. La liberté de consommer le dimanche, certes. Mais pourquoi pas celle de se marier entre personnes de même sexe ? Pourquoi pas celle des mères porteuses ? Ces sujets sont liés. Tranquillement, sans même nous en apercevoir, nous nous acharnons à détruire notre pays.

    La droite avait d’ailleurs le temps de légiférer dans le sens d’une plus grande liberté en la matière. Mais elle savait que la question du travail dominical est un sujet sensible dans ses rangs.

  57. … "La droite avait d’ailleurs le temps de légiférer dans le sens d’une plus grande liberté en la matière"…
    Mais…elle l’a fait. Pas assez, mais elle l’a fait. Plus précisément, je crois, sans légiférer elle a étendu le champ des autorisations. Un premier pas…

  58. Lisa, excusez-moi mais je place notre identité nationale sur un autre plan que le travail le dimanche. Un plan plus élevé, de plusieurs étages.

  59. Lector, plutôt un Plan de Campagne. :-) pour rejoindre le sujet du fil.

  60. Ne désespérons pas de la France: la cour d’appel de Paris ce matin 29 octobre a tout compris. Elle autorise Leroy-Merlin et Castorama à ouvrir le dimanche. Un peu de baume au cœur pour clients, employés, et direction!

  61. QuadPater

    Ne désespérons pas de la France

    Ben non… Moi j’ai toujours espoir… qu’un jour nous bénéficiions à nouveau d’un président et d’un gouvernement !
    La vacance est interminable, mais je suis persuadé qu’elle ne pourra pas durer 5 ans.

  62. Quad, là vous êtes bien difficile : 2 bonnes nouvelles dans la même journée, et puis quoi encore !

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